L'auteur-compositeur-interprète malgache Théo Rakotovao dit MIKEA pour la première fois à Montréal
Un spectacle multinational inoubliable - du bonheur à l'état pur la durée d'un concert ké-béko-a
Montréal, le 22 avril 2009
Dès son entrée en scène, le public était conquis. Avec sa voix chaude et vibrante précédée de son sourire d'un charme serein et grave, Mikea nous a donné un spectacle inédit hier soir à Montréal, un spectacle extraordinaire, infiniment soigné, aux sons incroyablement amalgamés.
À partir de ses chansons, il a profité de sa résidence de deux mois résultant d'une bourse MMM-UNESCO-Aschberg pour faire des rencontres musicales québéko-internationales, des musiciens et chanteurs québécois d'origines diverses, pour compiler un spectacle extraordinaire, deux heures de pur bonheur comme en n'en voit que très rarement (on aura peut-être quelques images...). Bizarrement, il y avait très peu de couverture médiatique ou même de présence communautaire autre que québécoise et malgache à ce concert qui pourtant mariait musicalement l'artiste originaire des forêts du sud-ouest de Madagascar à des Québécois, des Sud-Américains, un Européen et un Africain.
Lauréat 2008 du prix Découverte RFI, l'auteur-compositeur-interprète Théo Rakotovao dit MIKEA porte fièrement et dignement le nom de sa région et interprète de sa voix douce et chaleureuse le beko, chant et genre de blues malgache traditionnellement a capella ou accompagné d'instruments acoustiques. C'est vraiment magnifique : le mot est tout aussi joli à l'oreille que la musique qu'il désigne.
Hier soir, ce blues des forêts lointaines de Madagascar a été enrichi de riches rencontres musicales avec tour à tour ou à plusieurs à la fois et puis ensemble : Moïse Yawo Matey aux percussions éblouissantes des plus originales en provenance du Togo, René Orea-Sanchez à la flûte apprise au Vénézuela, Oswald Durand d'Haïti à la guitare acoustique et à la flûte, Soraya Benitez du Vénézuela avec sa voix opératique et son énergie sans oublier sa guitare, Sergiu Popa de Moldavie à l'accordéon et, pour terminer le tout sur des notes australes du nord, les Québécois Rodolphe Gagnon et Julien Fréchette qui sous l'appellation APADOORAÏ ont ajouté leur musique 100% bio aux didgeridous. C'était un spectacle inoubliable, un happening musical tout en douceur qui permet de croire que le bonheur sur Terre est sûrement possible.
Une chanson en kébékoa ?
Heureux des résultats de sa résidence artistique à Montréal, Mikéa repart samedi passer l'été tropical sur son île. Peut-être écrira-t-il une chanson en ké-béko-a... puisque de toute façon, les douces chansons parlant d'amour, d'amitié et de son pays qu'il a chantées en langue ou dialecte très local des forêts du sud-ouest étaient tout aussi incompréhensibles pour les Malgaches d'autres régions de son pays que pour les Québécois. Textuellement au mot à mot s'entend car on comprenait parfaitement bien l'émotion. On espère certainement le voir revenir à Montréal pour de nombreux autres concerts et on lui souhaite une carrière mondiale brillante. Avec les prix qu'il s'est déjà mérités, on ne doute pas de le voir revenir et faire de nombreuses tournées de concerts un peu partout dans le monde.
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