Opéra de Montréal : TOSCA
de Giacomo Puccini
La production étoile pour le 30e anniversaire
de l'OdM
Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts
30 janvier, 3, 6, 8, 11 février 2010 à 20 h & 13 février 2010 à 14 h
Montréal, le 9 février 2010
Allez-y pour les voix, le puissant choeur d'hommes, les costumes, les décors, la passion... les beaux airs
Il ne vous reste que deux chances pour voir cet opéra fabuleux, un opéra phare aux airs bel canto magnifiques rassemblant des voix merveilleuses qui se soutiennent d'un bout à l'autre dans une présentation très théâtrale, tout particulièrement de la part
de l'interprète de l'hyperjalouse Tosca elle-même, Nicola Beller Carbone.
De ces scènes passionnées, voici quelques répliques extraites des surtitres :
— Faut-il donc mentir pour vous plaire?
— Tu ris de ses horribles douleurs!
— Que vous ai-je donc fait?
— Mais Dieu dans sa justice le punira
— Tes larmes coulent sur mon âme comme une coulée de lave, se délecte abjectement Scarpia à Tosca.
— Je t'aurai
—
Je me jetterai plutôt dans le vide
— Meurs, damné! Meurs!, meurs!, meurs!, s'exclame enfin Tosca avant l'éclatant tableau final du deuxième acte.
Si on voulait s'amuser à une petite analyse du déroulement, on pourrait se dire deux choses :
1) si au lieu que le peintre Cavaradossi, amoureux de Tosca,
ne s'était pas méfié de la jalousie et de la bigoterie de celle-ci et de ce qu'elle irait tout raconter à son confesseur, à trois ils auraient fait bien meilleure équipe pour créer une synergie et planifier une stratégie d'évasion pour l'ami Angelotti, prisonnier politique évadé du «château
Saint-Ange», ce qui n'aurait pas mené à l'arrestation et à la condamnation du peintre ni au déchirement du couple ;
2) Scarpia, selon sa consigne habituelle, fait torturer physiquement Cavaradossi sans compter qu'il assaille deux bonnes personnes par pur plaisir sadique ; il adopte ce comportement odieux et terrifie toute la ville de front sans jamais essayer de se faire passer pour un saint, ce qui n'est pas nécessairement le cas de tous les scélérats dans nos sociétés aux bandits tout aussi acariâtres dans l'âme mais se présentant sous des aspects aussi polis que du vernis à ongles dans le but de se faire aduler et profiter honteusement de toutes les situations.
Il y aurait de nouveaux opéras à écrire...
Par ailleurs, les décors sont cossus, magnifiques, impressionnants. Trois actes, trois environnements entièrement différents tout aussi beaux et gigantesques les uns que les autres. Une création du Français Jean-Pierre Ponnelle (1932-1988) ayant aussi travaillé aux opéras de Hambourg, Cologne, Vienne et La Scala de Milan.
Les voix sont enivrantes : tout particulièrement celles des deux solistes principaux, la soprano germano-italienne Nicola Beller Carbone et le ténor canadien David Pomeroy. Le baryton-basse américain Greer Grimsley s'impose dans le rôle du machiavélique chef de police totalement pourri de l'intérieur qui ne souhaite briser le couple que pour asservir Tosca l'histoire d'un soir et la jeter ensuite. Le sacristin, interprété par le baryton-basse canadien Alexandre Sylvestre, se fait aussi très bien remarquer au début du premier acte.
Le choeur d'hommes à la fin du premier acte est puissant et saisissant.
Un opéra grand art à ne pas manquer à l'Opéra de Montréal. Il ne reste que deux représentations dont l'une sera donnée en matinée.
Montréal, le 14 janvier 2010
Des amants doublement sacrifiés par un odieux chef de police doublement trompeur... et des airs à tout casser
D'une part, la cantatrice Floria Tosca est la maîtresse du peintre Mario Cavaradossi, qui a aidé son ami Angelotti à fuir Rome. D'autre part, Scarpia, chef de la police, ayant ses petites idées derrière la tête, joue sur la jalousie de Tosca pour piéger Cavaradossi qui est arrêté. Scarpia exerce alors un odieux chantage sur Tosca : qu'elle cède à ses avances malsaines et son amant sera supposément sauvé. Tosca accepte et Scarpia donne l'ordre qu'on simule l'exécution de Cavaradossi. Sitôt après, il donne discrètement un contre-ordre, puis signe le sauf-conduit des deux amants. Dans l'urgence, incapable de s'imaginer dans les bras d'un individu aussi repoussant et ignoble, Tosca le poignarde et se précipite au château Saint-Ange pour rassurer son amant à l'effet que I'exécution ne sera qu'un simulacre. Mais suivant le contre-ordre du chef de police manipulateur, Mario est fusillé et c'est un cadavre criblé de balles que Tosca retrouve. Tosca préfère alors enjamber le parapet et se jeter dans le vide plutôt que de devenir la chair à canon des pions de Scarpia qui ne tarderont pas d'arriver sur les lieux.
Arrivez tôt en raison des travaux et pour ne pas manquer les airs magnifique de cet opéra qui fut brillamment chanté par Maria Callas et qui fut également le tout premier opéra présenté par l'Opéra de Montréal il y a 30 ans.
Pour souligner ses trente ans d’existence, l’Opéra de Montréal remet à l’affiche l’oeuvre de Puccini, ici au
sommet de son art, dans une nouvelle production du San Diego Opera. Pour incarner l’histoire tragique de Floria Tosca
confrontée à un dilemme insoluble pour sauver la vie de son amant, deux chanteurs qui font leurs débuts à la compagnie : la
soprano germano-italienne Nicola Beller Carbone incarnera l’intense rôle-titre et le ténor canadien David Pomeroy celui de
son amant, le peintre Mario Cavaradossi. À leurs côtés, le baryton-basse américain Greer Grimsley (Barbe-Bleue – 2003)
incarnera le sinistre Scarpia, le baryton-basse canadien Alexandre Sylvestre (L’Étoile – 2005), le
Sacristain, et le baryton-basse canadien Stephen Hegedus, le rôle de Cesare Angelotti.
La production évoluera dans des décors signés par le concepteur français Jean-Pierre Ponnelle, des costumes de Malabar et
des éclairages d’Anne-Catherine Simard-Deraspe. La mise en scène a été confiée au Canadien Michael Cavanagh qui signait
Turandot (1997), Madame Butterfly (2002) et Roméo et Juliette (2007) pour la compagnie. L’Orchestre Métropolitain et le
Choeur de l’Opéra de Montréal seront dirigés par le chef Paul Nadler.
Apéro à l’Opéra
La grande gagnante du projet Apéro à l’Opéra, la soprano Annie Sanschagrin (Crabtree), participera également à la production
de Tosca : dans les décors et avec orchestre, elle chantera le grand air Vissi d’arte et le duo du premier acte avec le ténor de la
production David Pomeroy lors de la représentation du 13 février 2010 et ce, après la représentation régulière.
Apéro à
l’Opéra fait également l’objet d’une série documentaire de sept épisodes qui sera télédiffusée dès le
mardi 26 janvier à 19 h (rediffusions les samedis à 15 h 30 et dimanches à 9 h et à 18 h); cette série présentera toutes les
coulisses du projet et le travail des six candidats qui ont suivi une formation intensive de chanteurs d’opéra tout l’automne à
l’Opéra de Montréal.
Puccini
Puccini pense à mettre en musique la pièce de Sardou dès 1896, à peine six mois après la première de La bohème, et finit par
obtenir l’autorisation de l’auteur qui accepte la suppression d’un acte mais exige le maintien de la fin rapide et violente de
l’oeuvre. La première représentation fut un échec complet, mais Tosca ralliera très vite le public. Le livret de Giacosa et d’Illica
resserre la trame narrative et évacue pratiquement le contexte historico-politique napoléonnien. Il concentre l’action sur l’affrontement
entre Tosca, Cavaradossi et Scarpia, véritable moteur du drame. L’intrigue correspond à la mise en place du piège qu’il
manigance et le mène à la mort avant de se refermer sur Tosca et Mario.
Avec son superbe thème caractéristique, Puccini compose une oeuvre forte où le dialogue dramatique prédomine et colle au
vérisme par l’expression des passions exposées crûment et ce souci du réalisme. L’atmosphère oppressante est aussi sombre (Puccini choisit des
tessitures basses et une seule voix féminine), et la fine musique de Puccini ne cède à aucun débordement. Le
pivot dramatique de l’oeuvre, l’acte II, est l’affrontement à huis clos des trois protagonistes, là où Puccini dépeint avec
beaucoup d’acuité l’étouffement et le piège.
Avec Tosca, Puccini brille d’efficacité et livre
l’émotion, qu’on pense seulement à l’air de lamentation du deuxième acte où Tosca chante sa douleur (Vissi d’arte, vissi
d’amore), et celui du désespoir de Cavaradossi au début du troisième acte (E lucevan le stelle).
Parmi les plus célèbres cantatrices qui ont interprété le rôle de Tosca, une place particulière doit être réservée à Maria Callas
qui y débuta le 27 août 1942, et acheva sa carrière scénique par ce rôle fétiche, le 5 juin 1965. Elle est considérée comme la
« Tosca du siècle ».
Opéra : PUCCINI – Tosca | 30 janvier, 3, 6, 8, 11 février 2010 à 20 h & 13 février 2010 à 14 h
Genre : Drame tragique
Structure : En trois actes
Langue : En italien avec surtitres français et anglais
Livret : Giuseppe Giacosa et Luigi Illica (d’après la pièce de Victorien Sardou)
Création : Rome, Teatro Costanzi, le 14 janvier 1900
Production : San Diego Opera
Dernière production à la compagnie : mars 2002
PréOpéra
Une conférence sur l’œuvre est donnée avant chaque représentation par le musicologue Pierre Vachon à 18 h 45 (soirée)
ou 12 h 45 (matinée), au Piano Nobile de la PdA.
Un MétrOpéra autour de Puccini et l’opéra italien sera offert par les chanteurs de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal.
Dates à
déterminer ; station : Berri-UQAM.
Tous les opéras sont présentés en langue d'origine, avec surtitres français et anglais projetés au-dessus de la scène.
Saison 30e anniversaire
Mozart – La flûte enchantée | 7.11.14.16.19 novembre 2009 à 20 h & 21 novembre 2009 à 14 h
Verdi – Simon Boccanegra | 13.17.20.22.25 mars 2010 à 20 h
Massenet – Cendrillon | 22.26.29.31 mai 2010 & 3 juin 2010 à 20 h
PRODUCTION 30e ANNIVERSAIRE
Puccini – Tosca | 30 janvier 2010 & 3.6.8.11 février 2010 à 20 h & 13 février 2010 à 14 h
Le Gala | 14e édition, le 6 décembre 2009 à 14 h
Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal au Monument-National
Gagnon-Tremblay – Nelligan | 6.8.10.11 mars 2010 à 20 h & 13 mars 2010 à 14 h
Vente de Billets
- Opéra de Montréal uniquement : 514-985-2258 / 1 877 385-2222
Abonnement pour les 18 à 30 ans : L’Opéra de Montréal poursuit son offre spéciale d’abonnement destinée aux jeunes de 18 à 30 ans : 30 $ le billet avec l’abonnement ! Achat minimal requis de deux opéras de la saison régulière.
Billets à la pièce
Billetterie de la Place des Arts : 514-842-2112 • 1 866 842-2112
À partir de 46 $ et en vente dès le 5 août 2009.
Site Internet de l'OdM : operademontreal.com
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