Le Canada et la guerre
Auteur : Sam Haroun
Éditeur : Septentrion

Essai sur l'engagement militaire canadien, de Laurier à Harper


Montréal, le 7 juin 2009


Le Québec et le Canada face à leur destin militaire commun depuis la Confédération

Il y a 65 ans, le 6 juin 1944 (D Day - «Jour J»), avait lieu le débarquement des Forces Alliées sur les plages de Normandie où les soldats québécois, conscrits par loi fédérale, ont été placés en première ligne et sont aujourd'hui noyés dans le « courage des Canadiens » lors des cérémonies officielles où le Québec n'est peu ou pas mentionné ni représenté sauf cette fois-ci par un Premier Ministre albertain, et alors qu'il y a vraiment de quoi se demander s'il s'agissait vraiment de courage - comme l'a affirmé le Premier Ministre britannique - ou de volonté alors que ces pauvres hommes, nos grands-pères, engagés de force et sûrement loin d'être suicidaires ou d'aspirer à l'auto-sacrifice au nom de l'empire britannique, avaient toute une armée impérialiste et colonialiste haïssant les Français depuis des siècles à leur tête. Tout comme encore aujourd'hui le pays appelé Canada a toujours à sa tête la reine d'Angleterre.

Mais comment perçoit un diplômé de l'étranger, et immigré canadien vivant au Québec, les engagements dits canadiens dans les conflits guerriers mondiaux ?
Sam Haroun propose une réflexion politique sur l'approche canadienne de la guerre, de Laurier à Harper. Comment et pourquoi le Canada a-t-il participé à six guerres dans l'espace d'un siècle tandis qu'il a refusé de s'engager en Égypte en 1956 et en Irak en 2003? Quels effets la participation du Canada à ces guerres a-t-elle eus sur l'opinion publique à l'intérieur du pays et sur l'évolution de sa politique étrangère?

Étant donné le manque d'intérêt traditionnel des Québécois pour la guerre, ce livre propose pour la première fois l'approche canadienne de la guerre analysée dans une perspective globale tout en essayant de trouver une ligne directrice qui permette de comprendre l'attitude du Canada face à la guerre. Sam Haroun termine son analyse en apportant sa modeste contribution au débat concernant l'engagement canadien en Afghanistan. Est-il utile de continuer à envoyer des troupes ou, au contraire, faudrait-il en accroître significativement le nombre? L'expérience n'est-elle qu'un fiasco de l'OTAN?

Grâce à la richesse de ses références et à la pertinence de sa réflexion, Le Canada et la guerre, avec ses 148 pages de concision sur le sujet du Canada en guerre, peut servir d'instrument à un débat lucide et serein. L'enjeu en vaut la peine, surtout à l'égard de la globalisation économique et donc l'exode des emplois qui ont finalement pour effet de multiplier l'engagement dans l'armée de nombreuses personnes lesquelles reviennent parfois de leurs missions complètement transformées et traumatisées ; de même qu'en raison de l'économie de la guerre qui est beaucoup plus payante à court terme que l'aide au développement.

Quelques extraits
Après la conscription de 1917, décidée par le Parti conservateur, les Québécois ont élu des libéraux pendant vingt ans jusqu'à la deuxième crise de la conscription, celle de 1942, déclenchée par le Parti libéral. » (Introduction, p. 13)

La relation entre le Canada et l'Empire ne finit pas d'engendrer des paradoxes. Le réflexe nationaliste des Canadiens français visait, à terme, l'indépendance du pays, alors que le réflexe impérial des Canadiens anglais entendait soutenir l'Angleterre. » (Introduction, p. 15)

En tête du premier chapître, une citation de Wilfrid Laurier, qui fut élevé au rang de Sire par la monarchie britannique : « Si un jour l'Angleterre vient à être en danger, que le clairon sonne, et malgré la faiblesse de leurs moyens, les colonies voleront à son secours. » (p. 17, chapître I, La gloire de l'Empire)

« Déjà au IVe siècle av. J.C., la marche épique d'Alexandre le Grand vers l'Indus éprouva ses pires difficultés en Afghanistan. » (p. 119, dans un troisième chapitre qui pourrait s'appeler savoir d'où l'on vient pour mieux planifier où l'on s'en va mais que l'auteur Sam Haroun a choisi plus précisément d'intituler Retour à l'Empire en passant par Kandahar).


L'auteur
Diplômé de l'Université de Lyon et de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Sam Haroun est enseignant. Il vit au Québec depuis 1975. Il a déjà publié, aux éditions du Septentrion, L'État n'est pas soluble dans l'eau bénite, essai sur la laïcité au Québec..


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