SYNECDOCHE NEW YORK de Charlie Kaufman
Sortie le 14 novembre
Montréal, le 6 novembre 2008
Synecdoche, New York présenté en Compétition offiielle au dernier Festival de Cannes, est le premier long métrage de Charlie Kaufman, scénariste de plusieurs oeuvres au ton décalé, percutant telles Being John Malkovich de Spike Jonze, Human Nature de Michel Gondry, Adaptation de Spike Jonze, Confessions of a Dangerous Mind de George Clooney ou encore l'étonnant Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry. Passé derrière la caméra, il nous offre une oeuvre teintée de mélancolie avec des interprètes de tout premier plan: Philip Seymour Hoffman, Samantha Morton, Catherine Keener, Michelle Williams, Jennifer Jason Leigh et Émily Watson.
Caden Cotard, metteur en scène de théâtre, souffre du départ soudain de sa femme, l'ayant brusquement quitté pour poursuivre sa carrière loin de lui, le séparant ainsi sans le moindre remord de sa fille. Désespéré, perdu, se croyant rongé par une vicieuse maladie imaginaire ne lui laissant que peu d'espoirs, il se met en tête de monter un incroyable projet, un spectacle unique, absolu et, pour le monter, reconstitue au coeur d'un immense entrepôt la maquette grandeur nature des lieux qu'il traverse dans sa vie. Une vie qu'il va reproduire méthodiquement sur scène durant des années. Dès le synopsis, Synecdoche, New York impose son mystère, un mystère, des mystères, qu'il n'est pas toujours évident de percer tant l'approche de Charlie Kaufman est riche en symboles, complexe, torturée.
Ce film dresse un portrait terrifiant d'un homme qui toute sa vie regrette sa dernière femme à cause de la première qui pour se garder l'amour et la présence exclusive de leur fille unique ne se gêne pas pour mentir sur qui a abandonné qui et pour quoi. On y voit également une psy qui cherche davantage à séduire et à vendre ses livres qu'à guérir le mal de vivre de ses clients ; une femme qui vit dans une maison qu'elle achète déjà en flammes et en fumée mais dont l'incendie ne ravage que de petites parcelles dans les murs. Le film est rempli de symboles et se passe sur plusieurs décennies. Si un seul visionnement ne permet sûrement pas d'en percevoir tout le mythe, on quitte le cinéma le coeur brisé en se demandant ce que l'on peut faire et comment réunir les personnes que l'on connaît qui se sont fait manipuler par une tierce dans le but de se garder pour elle-même quelqu'un qui ne l'aimait pas nécessairement plus que l'autre qui a été jetée.
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