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Le film La mère
aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal

Montréral, le 17 novembre 2008

Les RIDM ont présenté aujourd'hui un film intitulé LA MÈRE. Il s'agit d'un documentaire magistral dans lequel se raconte une femme qui depuis l'âge d'au moins 14 ans se casse en mille chaque minute de chaque jour pour quelques miettes de bonheur et de bien-être à l'intention de ses proches. Tout au long des 80 minutes, on voit cette femme trop bonne dans son quotidien, entourée de sa fille (seule aide) et de ses fils glandeurs qui ne font strictement rien pour lui donner le moindre coup de main à la ferme.

Le film est en russe, avec sous-titres français
LA MÈRE est un documentaire magistral... sauf pour un détail infiniment important : certains choix de mots dans les sous-titres. Cette mère courage utilise-t-elle vraiment le mot PUTAIN pour exprimer avec plus d'emphase son désarroi et sa désapprobation de la violence, de l'indifférence, de la pauvreté, des difficultés innombrables auxquelles elle et sa famille sont confrontées ? Est-ce que vraiment cette grand-mère qui a mal partout à force de vie dure et de travail courbé s'exclamerait PUTAIN au moment où elle cherche à encourager la jeune femme mariée qu'est sa fille sur le point d'accoucher de son premier enfant ?

Ou dirait-elle possiblement autre chose comme « merde », « tonnerre de Caucase », « gros train d'boeufs », « moulée de cochon »,  « sapristi », « ange du diable », « pic de glace » ou « saloperie ». À la limite, est-ce que des traducteurs québécois se seraient obligés, par limite de vocabulaire spécialisé ou par mépris de la capacité de compréhension du public local, de traduire ça par « câlisse d'ostie d'tabarnak de sacrament d'crisse » ?

L'utilisation du mot PUTAIN rapporte-elle des revenus supplémentaires ?
Vraiment, ne serait-il pas temps d'offrir une alternative à cette insulte ruminante qui revient à longueur de journées et 92 fois par production cinématographique, que ce soit dans les films français, dans les doublages ou dans les sous-titres ? Est-ce que même dans un film comme celui-là il faut absolument écraser encore davantage une femme qui s'est sacrifiée toute sa vie pour les autres ? Les gens qui ont traduit les textes ont-ils vraiment réfléchi à la personnalité et aux mots qu'utiliserait une Mère Teresa à famille nombreuse vivant dans un village éloigné de la Russie contemporaine ?

Cette irréflexion gâche vraiment le portrait de cette femme éblouissante qui ne mérite certainement pas de se faire mettre le mot PUTAIN dans la bouche pour parler d'elle-même ou de ses enfants si ingrats soient-ils ou du petit garçon d'à-côté qu'elle aurait bien aimé adopter.

Cela vaudrait franchement une relecture du texte tout autant que du contexte.

Site Internet des Rencontres internationales du documentaire de Montréal