Cinéma sud-américain - le film chilien La nana
... ou comment faire face au harcèlement hypocrite quand on vit dans une famille parfaite

Gagnant du prix spécial du jury et de la meilleure actrice au Festival du Film de Sundance 2009 et en nomination pour le meilleur film en langue étrangère aux Golden Globes 2010


Montréal, le 25 mars 2010


Le film met sous les projecteurs une famille sud-américaine issue d'une classe sociale moyennement élevée. La maison est grande, le père est bel homme, travaille, joue au golf et a un passe-temps apaisant. La mère est belle femme, universitaire et dirige la maisonnée d'une main aussi intelligente que sensible. Ils ont une grande fille qui est aux études et trois garçons plus jeunes. Et puis, il y a la bonne.

Raquel est à l'âge fatidique où dans les grandes entreprises qui paient peu d'impôts les femmes perdent leur emploi pour les mêmes raisons que les hommes perdent le leur à 50 ou 55. Elle a beaucoup de travail et des migraines. Elle a pris en grippe la grande fille et trouve toutes sortes de prétextes pour la traiter à part - jalousie de femme, dira-t-on. Elle affectionne les jeunes garçons dont elle s'occupe comme s'ils étaient des petits trésors.

Malgré son affection, elle se plaint du plus grand des trois quand elle finit par en avoir assez de laver son pyjama et ses draps tous les matins en raison de ses émois solitaires quotidiens. Ce à quoi la mère reprend son garçon tout en lui disant que c'est normal à son âge.

Aller chercher de l'aide
Quand la mère se rend enfin compte que les plaintes de sa fille sont fondées, elle n'a pas non plus le mauvais coeur de jeter à la rue la servante qui est à son service depuis aussi longtemps que vit sa fille. Elle décide d'embaucher une aide. Mais «wo les moteurs» comme dirait une provinciale québécoise en proie comme elle à tout contrôler et épater la galerie :ça ne se passera pas comme ça, Raquel va tout faire pour détruire les nouvelles arrivantes.

Aussi méchante que Tatie Danielle
Elle qui a pourtant des airs de bonté et de gentillesse, elle se transforme en vraie Tatie Danielle qui viendrait de célébrer son 41e anniversaire de naissance et qui n'aurait pas acquis fortune et statut par mariage! Elle les maltraite tout à fait consciemment, les embarre toutes dehors, désinfecte après leur passage... bref, une vraie vache quand les maîtres sont absents. Vache protégée de surcroît. Et c'est alors que le film montre les réactions des pauvres aspirantes au poste, jeune fille de l'étranger, femme plus âgée capable de lui répondre, etc.

Mais il y a plus
Dans sa manière de montrer cette famille, ce film c'est du vrai cinéma. C'est-à-dire qu'il ne montre pas la vérité tel qu'elle existe réellement. Hormis la bonne, personne n'a de maladie dans ce film ; les petits garçons n'ont pas été salis par un quelconque curé ou groupe d'hommes qui s'impose localement, on ne voit presque pas le monde extérieur à la maisonnée. Et même une scène permet de croire au désir même quand les personnes ne sont pas toutes maigrichonnes à disparaître dans le tiers d'un fauteuil.

Ce film annoncerait-il au cinéma l'arrivée de films humains au coeur tendre? Le retour du noyau familial? Les êtres humains ayant droit de désirer et être désiré, voire de respirer, même s'ils ne sont pas squelettiques? La vie sans la violence et sans les abuseurs regroupés qui sont aujourd'hui systématiquement et obligatoirement omniprésents et qui forcent toutes les portes sous des allures de fausse pitié? À voir...

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