Musée des beaux-arts de Montréal - Exposition Grandeur Nature - Hilliard T. Goldfarb, conservateur en chef adjoint. Visite et commentaires sur plusieurs oeuvres représentant des paysages canadiens et américains de 1860 à 1918.



Frédéric Back, artiste engagé oscarisé, en conférence de presse au Musée des beaux-arts de Montréal : « L'art est plus qu'un plaisir esthétique » (...) « Avec tous les moyens dont nous disposons témoignent un passé d'inconscience et de rapacité » (...) « notre dépendance envers ces êtres d'une beauté sans défense devant la rapacité destructrice »


Vidéos Jacqueline Mallette, ServicesMontreal.com


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Expositions Grandeur Nature et Frédéric Back
au Musée des beaux-arts de Montréal


Montréal, le 16 juin 2009


Le Musée des beaux-arts de Montréal présente du 18 juin 2009 au 27 septembre 2009 deux expositions tout à fait passionnantes à l'étage de son magnifique pavillon Michal et Renata Hornstein.


Grandeur nature : Peinture et photographie des paysages américains et canadiens de 1860 à 1918

Première exposition axée sur une exploration et une analyse de la peinture et de la photographie de paysage durant une ère de transformation artistique et historique, entre le début de la guerre de Sécession états-unienne et la fin de la Première Guerre mondiale, coïncidant avec l’avancée vers l’ouest des deux pays.

Près de 200 œuvres d’artistes américains et canadiens permettent de mieux comprendre les identités nationales et régionales de ces deux grands pays où la nature omniprésente, se révèle parfois grandiose. Articulée autour de six thèmes, l’exposition se fonde sur des comparaisons et des similarités stylistiques tout en laissant apparaître des contrastes culturels révélateurs. Une scénographie et un catalogue « écodesign » novateurs en proposent par ailleurs une répartie contemporaine. Après Montréal, l’exposition Grandeur nature sera présentée en octobre, à la Vancouver Art Gallery.

Les artistes peintres et photographes des États-Unis
La peinture américaine y est représentée par des artistes comme Bierstadt, Chase, Church, Cropsey, Duncanson, Eakins, Hartley, Hassam, Heade, Homer, Inness, Kensett, Moran, O’Keeffe, Remington, Sargent et Twachtman, et la photographie par Coburn, Curtis, Jackson, Muybridge, O’Sullivan, Stieglitz, Steichen, Strand et Watkins entre autres.

Les artistes peintres et photographes du Canada
L’exposition comprend également des œuvres magistrales de peintres canadiens comme Brymner, Carr, Cullen, Edson, Fraser, Gagnon, Harris, Jackson, Jacoby, Leduc, MacDonald, Milne, Morrice, Suzor-Coté, Thomson et Verner, de même que des œuvres de photographes comme Baltzly, Henderson et Notman. Bien que certains de ces artistes canadiens aient acquis une renommée internationale, d’autres, moins connus que leurs homologues américains, y sont aussi représentés.

L'époque historique
Le choix s’est arrêté sur la période de 1860 à 1918 parce qu’elle a été marquée par la guerre de Sécession – l’un des épisodes les plus traumatisants et les plus marquants de l’histoire des États-Unis (avec la perte de plus de 600 000 soldats) – et par la Confédération canadienne et l’émergence d’une communauté plus évoluée de peintres et de photographes. Elle se caractérise aussi par l’expansion vers l’ouest, jusqu’à la côte du Pacifique, de même que par le cautionnement d’une politique nationale transcontinentale dans les deux pays.

LES THÈMES
Dans le but de faciliter l’exploration des caractères distinguant l'un et l'autre pays, l’exposition se divise en six volets thématiques, qui tout en respectant la chronologie des événements, guident le visiteur vers les rapports différents avec la nature observés de part et d’autre de la frontière.

La nature transcendante explore l’idéalisation spirituelle du paysage et le souci du détail qui caractérisent les œuvres des peintres de l’Hudson et de leurs successeurs. Leur style et leur vision ont exercé une influence sur les peintres canadiens et ont continué d’imprégner l’iconographie du paysage jusqu’à la fin du siècle, pour ensuite donner lieu au Luminisme, un style de peinture qui préconisait une évocation plus intériorisée de la nature.

Lieu d’histoire et théâtre du mythe aborde le cadre mythique et historique dans lequel les deux pays projetaient le paysage et y représentaient les populations autochtones. Le paysage servait alors de toile de fond pour forger consciemment des récits, même dans le choix de l’iconographie et le cadrage des images photographiques.

L’homme contre la nature examine les façons dont on a présenté la transformation, l’exploitation et la destruction de la nature au nom du progrès. En général, dans l’iconographie canadienne, les artistes se concentraient sur les défis et les interactions dynamiques entre l’homme et la nature – les photos qui documentaient la construction du chemin de fer transcontinental constituaient à cet égard une exception notable. Les Américains, de leur côté, misaient davantage sur la domination et la maîtrise des obstacles et des forces de la nature par l’homme.

La nature apprivoisée se tourne vers une vision de la nature différente ayant évolué en Amérique du Nord en raison de la grandeur des espaces et de l’importance des villes; la nature est devenue un endroit privilégié où les gens de la ville se rendaient pour se détendre de l’activité stressante des centres urbains, pour se retrouver en tant qu’individus ou pour vivre une expérience idyllique. L’exode rural massif enregistré vers la fin du XIXe siècle et la naissance des mégapoles à travers le continent sont alors devenus des sources d’inspiration pour les photographes et les peintres canadiens et américains.

Le paysage urbain examine comment les artistes ont remplacé l’évocation d’une nature vierge par des images de la ville. En contrepartie, cette nouvelle frontière a aussi eu le pouvoir de rendre les gens captifs d’une existence dévalorisante et déshumanisante.

Retour à la nature permet de redécouvrir l’aspect transcendant de la nature et sa dimension spirituelle dans les paysages d’artistes qui ont adopté le vocabulaire stylistique du XXe siècle – formes abstraites simplifiées aux couleurs vives, où l’activité humaine est réduite, voire inexistante –, pour ainsi redonner à la nature toute sa dimension spirituelle.

Catalogue
Le catalogue de 320 pages, abondamment illustré, est publié par le Musée des beaux-arts de Montréal, en versions française et anglaise, sous la direction de Hilliard T. Goldfarb, conservateur en chef adjoint du Musée des beaux-arts de Montréal et commissaire de l’exposition. Il comprend des essais rédigés par une équipe de spécialistes, dont Philip Brookman, Brian Foss, François-Marc Gagnon, Hilliard T. Goldfarb, Richard Hill, Lynda Jessup, T.J. Jackson Lears, Rosalind Pepall et Ian Thom.


Frédéric Back, une nature témoin

En parallèle à la présentation de l’exposition Grandeur nature, l’exposition Frédéric Back, un artiste plus grand que nature, propose des œuvres d’art porteuses d’un message essentiel pour l’artiste. Un artiste de cœur, préoccupé des humains, des animaux, des environnements naturels et des relations qui les lient. L’artiste met son crayon au service de la défense de ses convictions; la nature souffre de l’attitude de l’homme qui abuse de ses pouvoirs et qui a ainsi rompu le lien de respect envers elle, celle qui lui permettait d’y vivre en équilibre, fort de ses ressources. Frédéric Back, un artiste et un homme en colère. Une œuvre puissante par sa douceur nous livre un urgent message.

Baignée de musique amenée par son père musicien, son enfance en Alsace est aussi agrémentée par le dessin où à la ferme, il développe un amour profond pour les animaux. Puis la famille déménage à Paris, et ce sont les études et la rencontre d’un enseignant qui l’influenceront. Autour de lui c’est la guerre, il en témoignera par la pointe de son crayon. Une constante dans sa vie, l’image est réalisée fidèlement tout en exprimant le regard de l’artiste profondément présent à son environnement. Frédéric Back est attiré par le Canada qu’il connaît par les peintures de Clarence Gagnon. Il élabore un projet de voyage pour venir y peindre la vie rurale. Dès les premiers moments en Amérique, il rencontre une jeune institutrice, Ghylaine Paquin, avec qui il fonde sa famille. Il demeurera au Québec. Son voyage de noces à travers le Canada sera l’occasion de dessiner des images uniques de ce pays alors presque sauvage. Les Amérindiens l’intéressent, il ébauche un projet d’illustration sur les légendes amérindiennes et la vie rurale au Québec. Les liens entre l’homme et la nature sont une source d’inspiration constante dans son œuvre.

Son engagement envers la nature n’a d’égal que sa passion pour l’art. Derrière les causes défendues, l’artiste poursuit une démarche créatrice. Il expérimente, il enrichit sa palette d’habileté en s’appuyant sur ses crayons pour développer des techniques personnelles qui seront sa signature. En 1981, avec le film Crac !, c’est la consécration, un succès international, un premier Oscar et plus de 20 prix. On croit alors la carrière de Back à son apogée, mais six ans plus tard, L’homme qui plantait des arbres le propulse à l’avant-scène avec un nouvel Oscar, le Grand Prix du Festival d’Annecy et d’Hiroshima et une trentaine d’autres récompenses internationales. Désormais, Frédéric Back est connu et reconnu au Québec comme à l’étranger. Elzéard Bouffier, dont l’histoire, portée par la voix de Philippe Noiret, est le cœur de ce film basé sur un texte de Jean Giono. Frédéric Back réalise au crayon des images fortes d’une infinie douceur, la puissance de la persuasion tranquille. Au sommet de la gloire, monsieur Back maintient ses convictions, des revenus de ce film seront versés à des organismes de défense de l’environnement. En 1993, son dernier film, Le fleuve aux grandes eaux, éveille la population à la richesse de l’eau, cette ressource naturelle nécessaire à la survie de l’être humain. Les constantes variantes subtiles de la couleur illuminent le film dont les dessins originaux sont des œuvres en soi.

Frédéric Back a aidé à présenter Frédéric Back. Profondément convaincu de l’importance de ses messages, il reprend le crayon, l’outil d’une vie, pour poursuivre sa démarche. Plus vite que chacun d’entre nous, il a visualisé et dessiné l’exposition que nous vous présentons. Entre 80 et 100 œuvres dont des gouaches, des dessins et des films pourront être vus au Musée. L’engagement est maintenant une urgence, il nous rappelle que nous ne pourrons pas y échapper. Nous avons le devoir de joindre notre voix à la sienne. Ainsi, le pouvoir de l’art et de ceux qui en vibrent, s’unissent.

Entrée libre pour l'exposition Frédéric Back
Pavillon Michal et Renata Hornstein
Niveau 2


Dans l'édifice d'en face, l'exposition exclusive à Montréal IMAGINE, la ballade pour la paix de John & Yoko se termine le 21 juin 2009. Il ne reste donc que quelques jour pour estampiller IMAGINE LA PAIX en Arctique et partout ailleurs à Montréal et dans le monde.

Plusieurs activités sont organisées au Musée le 17 juin dans le cadre des nouvelles expositions. Voir le calendrier des beaux-arts


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