Un coffret DVD Hommage à Michel Tremblay

8 oeuvres, la vie de francophones en quartier surpeuplé trop proche du tourisme sexuel anglo


Montréal, le 9 novembre 2009


Michel Tremblay

Récipiendaire de 55 prix et mentions d'honneur, l'auteur et dramaturge montréalais Michel Tremblay a maintenant aussi un prix littéraire qui porte son nom et un coffret DVD Hommage contenant quelques-unes de ses oeuvres filmées.

Michel Tremblay porte à l'écrit non seulement dans un langage cru mais aussi dans une langue de la rue truffée d'anglicismes, de souffrance et de pauvreté bien ancrées, des gens vivant dans un quartier surpeuplé de familles ayant quitté leur campagne devenue économiquement inviable en raison de la globalisation débutante. Des gens n'ayant bénéficié que d'un minimum d'éducation obligatoire et gratuite, victimes d'une pauvreté systémique depuis la Conquête, cherchant malgré tout à se créer une vie de bonheur, même artificiel.

De ses personnages, de nombreuses expressions ont été adoptées et des comportements copiés ou même glorifiés. L'auteur est un accro ; il est là chaque année au Salon du Livre de Montréal.

Michel Tremblay est devenu un modèle.


Il était une fois dans l'est

Le film remastérisé reprend une pièce de théâtre dans laquelle sont superposés de tableau en tableau un groupe d'homosexuels en parallèle à une bande de femmes qui s'entraident d'abord par défi puis se volent et finissent par se déchaîner les unes contre les autres. Vivant dans un quartier surpeuplé situé trop proche du lieu de tourisme sexuel anglophone de l'époque, les personnages cherchent à se créer un peu de bonheur trop fragile mettant en vedette Hosannah, prénom de travesti qui cache un slogan de ralliement pouvant mener à la libération autant qu'aux pires abus... Ose Anna!

Un homme qui, flanqué de pions, pateauge littéralement par pur plaisir dans la destruction du coeur et de l'âme d'un autre :

« Pour toutes les écoeuranteries que tu nous a faites,
pour toutes les bêtises que tu nous a criées,
pour tous les coups de poignards que tu nous a donnés dans le dos,
pour toutes les menteries que t'as contées sur notre compte,
pour toutes les fois que tu nous a faitt chier, la Main te salue !
[...]
— Lâche-moé, maudite tapette! » (tapette étant l'équivalent québécois de pédé)

A la suite de cet échange verbal, le spectacle continue comme si de rien n'était, comme si le Néron habillé en Cléopâtre et entouré d'une suite d'autres cléopâtres sur scène ne venaient pas de casser un individu parmi les siens, un individu lui aussi en Cléopâtre ayant manifesté l'envie d'une transformation personnelle, laquelle n'a pas du tout semblé plaire à son conjoint par ailleurs.

Dans ce film pris individuellement, on ne sait pas qui a tort et qui a raison, qui dit la vérité et qui ment, qui a fait quelles écoeuranteries à qui. On ne sait pas non plus lequel est le plus vaniteux ou lequel est le plus haineux mais l'organisateur semble l'avoir assez facile sa vengeance qui lui semble d'autant plus jouissive au fur et à mesure qu'il inflige de plus en plus de meurtrissures et peut en constater immédiatement les effets, le tout semblant lui procurer de surcroît une sensation de pouvoir destructeur indescriptible. Ce type aurait pu avoir une arme sur la tempe de l'autre travesti que l'assassinat n'aurait pas été plus efficace.


Albertine en cinq temps

Dans ce téléfilm beaucoup plus récent, Tremblay s'intéresse à une vieille femme nommée Albertine qui, au sortir d'un long séjour à l'hôpital, se résoud à emménager en centre d'accueil, dans une petite chambre qui sera son chez-soi jusqu'à la mort.

« Parce que ça va mieux, parce que je suis tranquille, parce que je vais être bien ici, même si ça sent pas bon », se dit la dâme âgée de 70 ans.

« Vous êtes pas toutes des consolations, t'sais », lance une de ses personnalités passées aux autres.

La dame revient sur son passé par le biais de conversations avec ces cinq autres elles du passé comme si chacune venait la hanter devant la grande maison familiale à la campagne où se hument les parfums de la vie et de l'été. Montréalaises de première génération elles ont été forcées hors de leur campagne vers une pauvreté systémique de la mondialisation. Elles sont donc cinq femmes en plus d'elle, chacune à 5 âges différents de sa vie d'adulte, jouées par 5 comédiennes et portant 5 noms différents comme si elles étaient 5 soeurs jalouses qui n'en finissent plus de vouloir s'exprimer voire s'imposer et ce, malgré le fait qu'elles ne cessent de se reprocher l'une l'autre leur beauté autant que leur laideur individuelle.


Le coffret DVD comprend en tout une lettre d'une comédienne québécoise, une biographie de Michel Tremblay, une liste de ses prix et mentions d'honneur, des films remastérisés, Il était une fois dans l'est et Le soleil se lève en retard ; 3 productions téléthéâtrales, Hosanna, Le vrai monde? et Bonjour, là, bonjour ainsi qu'un téléfilm, Albertine en cinq temps ; de même que, en supplément, Françoise Durocher, waitress, sa première collaboration cinématographique un peu entêtante avec son conjoint de plusieurs décennies, André Brassard.

A BAS TOUS LES MURS D'EXCLUSION et D'ASSERVISSEMENT !
Michel Tremblay étant un Montréalais pure-laine, il est impossible de ne pas considérer les débordements intra ou extra-muros. Quelque part, malgré l'impression de fausse ubiquité des expressions, ce n'était pas tout Montréal qui avait rebaptisé en Main la rue Saint-Laurent où s'attroupait le tourisme sexuel d'une certaine époque montréalaise et ce n'est le tout Montréal multipolaire qui glorifie la propagation d'expressions crues et anglicisées de bas étage. C'est un genre de cinéma et de théâtre qui est par endroits d'une dureté incroyable, mais les sentiments et les comportements hyperscrutés par l'auteur finissent par rejoindre la plupart des gens, dans l'une ou l'autre des facettes de leur vie sociale, tout particulièrement depuis que le Plateau n'a plus rien à voir avec la population familiale nombreuse de sa jeunesse mais ressemble de plus en plus à un reflux du Village dit gay... le mot français, a-t-on l'impression, étant revenu d'un voyage en anglais flanqué d'une part des défauts des hommes et vinaigré d'autre part de ceux des femmes, cumulés, et aux slogans de propagande si fréquents de même qu'au système d'amis si gayement institutionnalisé au centre-ville qu'en ce jour du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, les exclu(E)s non conformes aux politiques du party ont parfois un peu l'impression de se trouver en RDA ou dans ce petit village en Inde où l'on a érigé un rempart de pourtour dans le but humiliant d'en exclure les Intouchables.


Livres, musique, CD, DVD

Petits et grands meurtres corporatifs presque parfaits

Livres sur la Conquête du Canada par les Anglais et ses effets sur la population d'alors et d'aujourd'hui telle que, comme la grammaire, elle n'est pas enseignée par le système d'éducation québécois

Salon du Livre de Montréal

LE MUR DE FER

Ces femmes qui détruisent... les femmes. Les ravages du «bitchage»


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